Cette époque, je l'ai éffleurée du regard, je l'ai sentie, j'ai hummé son odeur, et je l'ai vu partir, aussi rapidement qu'elle m'est venue.
Souviens toi. Tu étais petit, blond, les cheveux courts. Moi j'etais gros, brun, avec un appareil dentaire, et des boutons plein la tête.
Aujourd'hui, c'est un peu le contraire...Aujourd'hui tu as grandi, tu as foncé tes cheveux, tu as décidé de les laisser pousser. Un peu comme si tu rentrais dans l'adolescence, et que moi j'en sortais. Mes boutons ont disparu, cette marque indéniable de la puberté, cette chose que l'on combat jour et nuit qui apparait, qui reste parfois longtemps (qui sera sujet d'un prochain article) et qui disparait, aussi brutalement qu'elle est venue. Cette chose est a toi maintenant. Tu découvres peu a peu les travers de notre monde. Ta voix mu, tu passes d'une voix aiguë, la voix d'un petit enfant a qui on a volé son jouet, ou d'un grand gamin a qui on a volé son bijou, a une voix d'homme, enfin presque.
Tu as changé si vite. Tu dépasses le metre 75, tu devances le 40 de pointure.
Et moi je croyais avoir arreté. Et je me trompe. C'est en voyant ces photos cachés sous des feuilles au format A4 que j'ai vu l'emballage, et je me suis rappellé cette époque,apres tout un peu lointaine, mais je sais que je la touche presque.
Je sais aussi qu'elle s'en va, que nous avons d'autres choses a faire, mais je ne peux m'en empecher. J'y pense, j'y pense, mais jamais n'oublie.
La clé est la : Ne jamais oublier. C'est un peu le seul moyen dérisoire que l'homme ait trouvé pour battre le temps. Laisse moi y penser, encore, encore un instant.
[Votre Fidele Et Nostalgique Serviteur.]


